L’enquête “Partage de la route : une cohabitation difficile en France et en Europe”, réalisée par Ipsos bva pour la Fondation VINCI Autoroutes, offre un panorama inédit des comportements des usagers de la route et de leurs perceptions. Condensé des enseignements clés qui comptent pour vous, professionnels de l’assurance moto.
Des comportements qui trahissent une cohabitation toujours fragile
L’étude interroge plus de 12 400 Européens, dont 2 403 Français, et met en lumière des pratiques qui nuisent à la sécurité collective. En France :
- 58 % des automobilistes ne mettent pas leur clignotant pour doubler ou changer de voie — un signe d’attention insuffisante aux autres usagers.
- 61 % des conducteurs de deux-roues motorisés s’arrêtent ou empiètent sur les sas vélo — pourtant conçus pour protéger les cyclistes.
- 40 % des cyclistes réguliers franchissent un feu rouge même lorsqu’ils n’y sont pas autorisés.
- 70 % des piétons traversent lorsque le feu piéton est rouge.
Ces chiffres traduisent une tendance forte : le non-respect des règles de partage de la route est banal chez tous les usagers, et pas seulement chez ceux que l’on imagine le plus à risque.
Une peur du comportement des autres omniprésente
L’étude révèle que 95 % des usagers de la route craignent le comportement à risque des autres — un niveau de méfiance très élevé qui s’applique de manière homogène quel que soit le mode de déplacement.
Ce constat est essentiel pour les courtiers : il traduit un besoin fort de sécurité, de conseil, et de produits adaptés pour des clients de plus en plus sensibles à leur exposition au risque.
Un contexte d’urbanisation et d’usage diversifié
La cohabitation entre voitures, deux-roues, vélos, trottinettes et piétons s’exerce aujourd’hui dans des environnements souvent contraints — notamment en zones urbaines — où l’espace est limité et les interactions nombreuses.
Cela impacte particulièrement les conducteurs de deux-roues motorisés, souvent plus exposés lors de interactions à l’intersection, en trafic dense, ou avec des usagers inattendus.
Ce que ces enseignements impliquent pour vous
Pour vous, courtiers spécialisés ou conseillant des motards, ces résultats offrent plusieurs enseignements opérationnels :
- Le risque n’est pas seulement mécanique, il est comportemental : Les excès, omissions ou réflexes quotidiens — clignotants non utilisés, occupation inappropriée des sas vélo, franchissement de feux — créent des situations potentiellement accidentogènes. En intégrant cette dimension dans vos conseils, vous rendez votre accompagnement plus pertinent et différenciant.
- Les attentes de vos clients dépassent la simple couverture : Avec une peur du risque externe aussi élevée, vos assurés cherchent du conseil, de la prévention, et des solutions qui réduisent leur exposition effective au danger. C’est un argument commercial fort.
- La prévention devient un levier de fidélisation et de qualité de portefeuille : En valorisant les dispositifs de prévention, la formation post-permis ou les outils d’aide à la conduite, vous participez à la réduction de la sinistralité — tout en renforçant la qualité de vos portefeuilles.